15mmF1.4 DC | Contemporary for Fuji X-mount
- Christian Cuennet
- il y a 5 minutes
- 6 min de lecture
Dany Kocher, Sigma switzerland Ambassador a tester le nouveau 15mm sur le terrain, voici son test.

Comme à chaque fois que j’ai l’opportunité de tester un nouvel objectif Sigma, j’étais particulièrement enthousiaste à l’idée de découvrir cette nouveauté qui m’avait été annoncée début février. Mais lorsque la focale m’a été communiquée, une question m’est venue immédiatement : un 15 mm ? Était-ce réellement la focale qui manquait dans la gamme aps-c de Sigma ? Je l’ai déjà dit mais la monture X de Sigma manque cruellement d’un concurrent pour le Fuji 50-140 mm f/2.8, et après tout, le Sigma 16mm F1.4 DC DN Contemporary est déjà un objectif plus qu’honorable, même plutôt très bon.
De ce côté-là, mon regard est biaisé par le fait qu’il n’est arrivé en monture X qu’en 2022, alors que sa formule optique date en réalité de 2017. Peut-être était-il effectivement temps de moderniser l’offre vu que le 16mm n'est pas super compact faut-il le dire. Vous l’aurez compris, mon test a été effectué avec un objectif pour monture X et couplé à mon Fuji X-H2S.
Prise en main et spécifications
Nous sommes ici face à un 15 mm f/1.4 DC, soit un équivalent 22,5 mm en plein format. La mention DC indiquant qu’il est conçu pour les capteurs aps-c.
Un packaging revu et valorisant
Petit aparté : en 2025, Sigma a totalement revu ses packagings. L’expérience d’unboxing gagne clairement en standing. Les boîtes diffèrent selon la gamme (Art, Sports ou Contemporary) et celle-ci, est issue de la gamme Contemporary.
L’objectif est livré avec un pare-soleil, une housse de protection inédite au tissu rappelant les imperméables, plus pratique qu’une housse en soie ou en similicuir en cas de conditions météo capricieuses. L’objectif est petit et léger et c’est bien sur ce point que l’on s’attendait à une grosse amélioration vis-à-vis de son grand frère le 16 mm ! Pari réussi !
L’argument poids/encombrement enterre déjà presque à lui seul le 16mm.
Il mesure 65mm x 64mm (-30%) pour un poids de 220 grammes (-50%). En comparaison, son grand frère pesait 415 grammes pour des dimensions de 90mmx72mm. Ce 15mm est principalement en polycarbonate mais donne une impression de construction qualitative et robuste. Le filetage peut accueillir des filtres de 58mm et la distance minimale de mise au point est annoncée à 17.7 cm, bien que j’ai réussi à faire la mise au point à 16 cm du capteur… peut-il y a avoir des différences selon les montures ? Préfèrent-ils tout simplement garder une marge dans leur communication ? Où est-ce que mes calculs ne sont pas bons (Kevin) ? Mystère… Mais au final tant mieux pour nous 😉.
Il offre un rapport de grossissement de 0.13x, ce qui le classe plus dans la catégorie proxiphotographie que dans celle de la macrophotographie. Cependant, sa mise au point minimale courte ainsi que son angle de vue (~87°) donnent tout de même de jolies perspectives en photographie rapprochée.
L’objectif est munis d’un joint d’étanchéité qui le rend résistant aux intempéries et à la poussière. La conception optique comprend 13 éléments répartis en 11 groupes, dont un élément FLD, trois éléments SLD et trois éléments asphériques. En gros, cette conception permet de contrôler l'aberration chromatique, les reflets parasites et les images fantômes, tout en conservant une netteté optimale sur l'ensemble de l'image. Nous sommes clairement sur une conception moderne.

Ergonomie
L’objectif adopte un design sobre et minimaliste. Il ne dispose d’aucun bouton et se limite à une bague de mise au point ainsi qu’une bague d’ouverture, toujours très appréciée par les utilisateurs de boîtiers Fujifilm comme moi. La bague de mise au point est relativement dure à tourner ce qui permet d’être plus précis tout en restant « smooth ». La bague d’ouverture, elle, est crantée pour chaque tiers de diaphragme sur la plage de f/1.4 à F/16 mais ne l’est plus pour le passage de f/16 à « A ». Parce que oui, la bague propose une position automatique. D’ailleurs petit bémol, le passage de f/16 à “A” est un peu trop souple à mon goût. On peut facilement basculer involontairement en mode automatique.
Monté sur mon X-H2S, l’objectif est bien équilibré et reste très agréable à transporter grâce à sa compacité. Il s’intégrera encore mieux sur les autres boîtiers de la gamme Fujifilm puisque généralement plus compact. En revanche, il ne dispose pas de stabilisation optique. Sur une focale aussi courte, cela reste très peu pénalisant, mais c’est un point à prendre en considération si votre boîtier n’est pas stabilisé.

Utilisation tout terrain
Avec une focale de 15 mm et une ouverture maximale de f/1.4, cet objectif se montre très polyvalent. Les photographes de rue apprécieront sa discrétion, son ouverture lumineuse et son angle de champ adapté à l’architecture et aux perspectives marquées. Les photographes de paysage profiteront quant à eux de sa portabilité et de son niveau de piqué déjà bon dès la pleine ouverture.
Bien qu’il ne soit pas spécifiquement conçu pour l’astrophotographie, il s’en sort honorablement grâce à son ouverture généreuse, son champ large et sa bonne gestion des aberrations.
La focale de 15 mm favorise une approche créative et permet de jouer facilement avec les lignes de fuites et les perspectives. L’autofocus s’est montré rapide et fiable, y compris sur des sujets en mouvement et en basse lumière.
Son ouverture f/1.4 constitue un réel avantage en basse lumière. Elle permet également de travailler la profondeur de champ, même si, avec une focale grand-angle, il est nécessaire de se rapprocher du sujet pour obtenir un flou d’arrière-plan marqué. Le bokeh est d’ailleurs agréable, doux et pas nerveux. La courte distance de mise au point renforce aussi l’intérêt de cet objectif en proxiphotographie.
À pleine ouverture, l’objectif souffre d’aberrations chromatique et de vignetage. Les aberrations chromatiques disparaissent complétement à f/2.8 tandis que le vignetage diminue à chaque stop pour disparaître presque totalement à f/8. Bien entendu, ces deux défauts sont facilement corrigés via les profils intégrés dans les logiciels de développement. Il en sera de même pour les distorsions qui sont comme attendu sur un grand angle, assez prononcées.
Piqué
Au centre, le piqué est déjà bon à f/1.4 et devient très bon à f/2 pour atteindre son niveau optimal dès f/2.8. Ci-dessous des comparaisons au centre et dans les bords avec des ouvertures f/1.4 vs f/2, zoomées à 100% dans Lightroom.

Photos de référence:

La différence entre f/1.4 et F2 est la plus notable, il n’y a presque aucune différence entre f/2 et f/2.8 que ce soit au centre ou dans les bords.


Si on compare le piqué avec son aîné, le 16mm, le piqué est clairement meilleur sur ce nouveau 15 mm dès la pleine ouverture, mais c’est quasi imperceptible sans zoomer à 100%

Vidéo
Les derniers objectifs hybrides de Sigma sont optimisés pour la vidéo et celui-ci ne déroge pas à la tendance. Les moteurs autofocus sont parfaitement silencieux et permettent une prise de vue sans aucun bruit. Le focus breathing est réduit au minimum bien qu’existant. Sur mon stabilisateur Ronin RS3, il est très facile à équilibré grâce à sa petite taille et son poids plume. L’autofocus en vidéo est aussi performant qu’en photo et il est capable de suivre les sujets même en basse luminosité. Tout comme lors de prises de vue photo, il est important de faire attention aux distorsions des visages, surtout lorsque vous vous approchez trop ou si votre sujet n’est pas centré. En prenant soin d’appliquer ces conseils, cet objectif pourrait tout à fait plaire aux vloggeurs.
J’ai tourné un petit clip avec deux amies qui pratiquent la dance, la vidéo est disponible via le lien ci-dessous. Merci d’être indulgent, nous n’avons eu que deux heures pour effectuer les prises de vues 😉
Conclusion
Ce Sigma 15mm f/1.4 DC Contemporary propose une évolution majeure du 16mm f/1.4 pour un prix avoisinant les 500.- CHF. Plus compact, plus léger, nouveaux moteurs autofocus et doté d’une formule optique modernisée. il s’adressera aussi bien aux photographes de rue qu’aux amateurs de paysages, d’architecture, d’immobilier ou tout simplement de basse lumière.

Sa grande ouverture, sa distance minimale de mise au point réduite et son niveau de piqué en font un outil polyvalent et créatif. Malgré l’absence de stabilisation optique et une distorsion notable, ses qualités optiques et son encombrement réduit en font certainement le meilleur grand angle à focale fixe du marché aps-c. Son principal concurrent, le Viltrox 15mm f/1.7 est certes moins cher (270.- CHF) mais montre des caractéristiques techniques et une qualité de fabrication bien en deçà du Sigma.
Après avoir pu tester cet objectif, je comprends mieux les raisons qui ont poussées Sigma à faire une mise à jour de leur 16mm f/1.4, qui soit dit en passant, est plus qu’une simple mise à jour puisque tout a été amélioré. Mais cela ne m’empêche pas de penser que ce qu’il manque réellement dans la gamme Sigma (x-Mount), c’est un bon objectif macro ainsi qu’un concurrent au Fuji 50-140 f/2.8 (un 50-100 ? ) qui viendrait compléter le 18-50 de Sigma. Qui sait, ce sera peut-être pour mon prochain test 😉





Dany Kocher, février 2026



































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