16-300mmF/3.5-6.7 DC OS | Contemporary Le SIGMA à tout faire
- Christian Cuennet
- 16 mai
- 6 min de lecture
Test et ressenti simple mais complet en utilisation de promenade et en famille par
Dany Kocher qui nous parle du Sigma "à tout faire" et de ce qu'il a dans le ventre sur FujiFilm X-mount ^^

Imaginez garder vissé sur votre appareil le même objectif toute la journée : c’est exactement la promesse que fait Sigma avec son 16-300mm (équivalent 24-450mm en plein format). Sigma m’a mis à disposition cet objectif pendant quelques semaines, quel kiffe !
Franchement, au bout de 15 minutes de tests, un mot m’est venu à l’esprit : « grisant ». Parce que oui, c’est vraiment grisant de changer complètement une composition en passant de 16 mm à 300 mm d’un simple geste, sans changer de caillou. Et la vérité, c’est que pour chaque scène shootée durant mes tests, j’ai usé des deux extrémités
du zoom.
On dit souvent que les objectifs fixes poussent à la créativité tandis qu’à l’inverse, les objectifs zoom la tue… J’étais plus ou moins d’accord jusqu’ici, mais je pense que cet objectif permet de rentrer à la maison avec des photos qu’on n’aurait pas forcément prises autrement. Je m’explique : imaginons que votre idée première est de faire une photo
de paysage avec un objectif grand angle. Vous prenez les images que vous avez en tête, puis vous reprenez votre route. Parfois, une idée vous traverse : « Et à 200 mm, ça donnerait quoi ? » Mais entre la flemme, la contrainte de changer d’objectif et la peur de laisser entrer des poussières ou de l’humidité… vous laissez tomber.
Avec cet objectif, pas d’hésitation : chaque scène devient une opportunité de double lecture. Comme dit, j’ai systématiquement capturé des images à 16 mm et à 300 mm.
Cet objectif est disponible sur les montures L, sony E, Canon RF et X-mount. C’est sur cette dernière que mon test a donc été effectué.
Ergonomie
Vu sa polyvalence extrême, je m’attendais à un objectif massif, et pourtant : 615 g pour 12,5 cm de long, c’est plus que raisonnable. Son gabarit reste contenu, et il tient bien en main. Il ne déséquilibre pas mon appareil (XH2s en l’occurrence). La bague de zoom est large et offre une bonne résistance, ce qui évite les zooms involontaires. Un verrouillage est également présent pour sécuriser la position lors du transport.

A noter :
Pas de commutateurs physiques pour l'autofocus et la stabilisation. Concernant l’autofocus, les fujistes ont l’habitude, pour la stabilisation, c’est plus contraignant. Elle offre par contre la stabilisation jusqu’à 6 stops à 16 mm et 4,5 stops à 300mm, l’inverse serait
plus pratique sur le terrain mais ce n’est techniquement pas réalisable et on ne pas avoir
le beurre et l’argent du beurre :-).
L’objectif est muni d’un joint d’étanchéité lui permettant de résister à la poussière et aux éclaboussures. N’ayant pas en ma possession le Tamron 18-300mm, j’ai trouvé opportun de comparer sa taille avec les Fuji 55-200, 50-140 et Tamron 17-70, même si on est pas du tout sur la même étendue de zoom, cependant, cette photo démontre les prouesses de Sigma en termes de compacité. Nous sommes bien avec un zoom 16 à 300 et non 18-300, avec le coefficient "aps-C" 18mm sur Fuji c'est un cadrage de 27mm, avec le sigma, 16mm c'est un cadrage qui débute à 24mm !

Polyvalence et utilisation
Cet objectif est le compagnon idéal pour les voyages ou pour les sorties où l'on souhaite se déplacer léger. Passer du grand angle au téléobjectif en un clin d'œil permet de capturer une variété de scènes sans changer d'optique. Chaque situation devient une opportunité photographique, qu'il s'agisse de paysages, de portraits, de photos de rue ou de détails éloignés. Il sera tout à fait capable de faire de l’animalier bien qu’il soit un peu juste pour les volatiles selon moi. Concernant les animaux terrestres, il ne faudra cependant pas espérer de grands résultats en basse lumière.
Passer de 16 à 300 mm, dans les faits, ça donne quoi ?
(Petit rappel, avec le coefficient du capteur aps-c, on fait X1,5 et dans la réalité, le 16-300 cadre comme un 24-450mm)


Qualité d’image
La qualité d’image est de bonne facture, cependant, avec une plage focale aussi étendue, difficile d’être parfait et il y a des compromis à accepter.
À 16 mm, la netteté est bonne au centre, bien que les coins puissent nécessiter une légère fermeture du diaphragme pour optimiser la netteté.
En zoomant, une perte de piqué est perceptible, mais le centre reste bon. Des distorsions et du vignettage sont présents, mais généralement bien corrigés en post-traitement. Mon ressenti est qu’il est bon dans les focales grand angle et en bout de zoom mais que l’image est plus douce et moins piquée en milieu de zoom
Ce n’est pas très juste pour ce Sigma puisqu’ils ne boxent pas dans la même catégorie en termes de prix, focale et taille, mais j’ai souhaité comparer la netteté de son image avec celle du Fujinon 50-140, souvent mentionné comme le meilleur zoom disponible sur X-mount. Cela permet de se rendre compte du compromis à accepter entre ce Sigma et un zoom dit « prime ».



A 50 mm comme à 140, la différence de piqué lorsque l’on zoom à 100% sur Lightroom est
notable et c’est bien normal et logique. Au niveau du contraste aussi, l’image du Sigma est plus douce que le Fuji. Comme précisé, le but est simplement de se rendre compte du compromis à accepter.
D’ailleurs, pour du voyage ou de la photo personnelle, la qualité optique du Sigma est excellente. Je précise aussi que les focales comparées ici font partie des points faibles
de ce Sigma au contraire des deux extrêmités.
Sur les bords, la différence de piqué est moins notable, la différence de contraste, elle, reste tout de même présente.
Ouverture(s)
Il s’agit là de son point faible et du plus grand compromis à accepter. A 16mm, l’ouverture est de F/3.5 tandis qu’elle passe à 6.7 à 300mm. Cela fait quasiment deux stops de différence (~1.9 stop pour être précis ). En gros, cet objectif est capable de tout faire, mais pas n’importe où et pas n’importe quand. Je veux dire par là qu’il ne sera pas des plus performant en intérieur, ni en animalier aux heures ou les animaux sont de sorties, c’est-à-dire, dans des conditions lumineuses pas des plus favorables si vous avez besoin de luminosité, mais on notera encore une fois que ce n'est pas le rôle d'un tel objectif "passe-partout".

Si vous avez l’habitude de shooter en full manuel, vous devrez systématiquement revoir votre exposition en passant de 16 à 300mm. Exemple ici avec deux photos prises à 16mm puis à 300mm avec les mêmes réglages, mais avec une ouverture modifiée due au changement de focale, l’histogramme parle de lui-même.
Je relativise ce phénomène, puisque même moi qui ne jurais que par l’exposition manuelle, j’ai changé ma pratique au fil du temps. Avec les capteurs actuels et leur bonne gestion du bruit, en règle générale, je gère mon ouverture et ma vitesse et je laisse l’appareil gérer les iso.
Autofocus
L'autofocus, propulsé par le moteur HLA, est rapide, précis et silencieux. En vidéo, sa discrétion est un atout majeur.
J’ai cependant eu quelques soucis dans des situations extrêmes et à contre-jour, mais certainement dû au manque de contraste.
Macrophotographie
J’ai vraiment adoré l’utiliser en macro, que ce soit en grand angle ou en bout de zoom. Le rapport de grossissement maximal se trouve à 70mm avec un 1:2. J’ai trouvé le bokeh très doux et le rendu des détails bluffants :
Vidéo
En vidéo, la combinaison de l'autofocus silencieux et de la stabilisation rend cet objectif très performant. Les transitions de mise au point sont fluides, et le zoom permet de varier les plans sans changer d'optique. Un outil précieux pour les vidéastes en déplacement. Mon XH2s étant stabilisé, les plans à main levée sont convaincants, mais à 300mm, avec par exemple un XT3 non stabilisé, pas sur que la stabilisation de l’objectif soit suffisante pour des plans « Smooth »...
Conclusion
J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à tester cet objectif, il y a un côté satisfaisant dont je ne me lasse pas lorsque je passais de 16 à 300mm. Le Sigma 16-300mm f/3.5-6.7 DC OS Contemporary est un objectif très polyvalent qui répond à de nombreux besoins photographiques. Que ce soit pour le voyage, la photographie de rue, le paysage, le
portrait ou la macro, il offre une flexibilité remarquable. Il ne dfiera certes, pas des optiques spécialisées en termes de performances pures, mais il constitue un choix judicieux pour ceux qui recherchent un objectif unique capable de tout faire.
Proposé à un tarif compétitif, le Sigma 16-300mm offre une solution tout-en-un pour les photographes souhaitant voyager léger sans sacrifier la polyvalence. Bien qu'il présente des compromis en termes d’ouverture et de qualité d'image, son rapport qualité/prix est excellent. Je n’ai pas testé le Tamron 18-300mm, mais la différence entre 16 et 18mm est tellement conséquente, que pour cette simple raison, le Sigma a de beaux et longs jours devant lui.
Dany Kocher, Avril 2025


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