Le 50-120mm f/2.8 DC OS | Contemporary pour X-mount, sur le terrain
Dany Kocher a pu tester le nouveau 50-120mm/2.8 en monture Fujifilm X sur le terrain et nous fait part de ses résultats et son ressenti.

Le zoom que tout Fujiste attendait !
Dans mon dernier test, celui du 15mm f/1.4, je terminais en disant que ce qu’il manquait encore et toujours dans la gamme X de Sigma, c’était un concurrent au Fuji 50-140mm f/2.8. Et j’ajoutais : « Qui sait, ce sera peut-être pour mon prochain test ». Eh bien, on y est ! Je ne sais pas si quelqu’un chez Sigma lit mes tests (j’aime à le croire 😉), mais lorsque l’on m’a annoncé ce 50-120mm f/2.8, j’avoue avoir eu un petit sourire en coin.

Pour ceux qui découvriraient la gamme, Sigma propose déjà en APS-C le 10-18mm f/2.8 et le 18-50mm f/2.8, deux zooms compacts à ouverture constante. Ce 50-120mm vient fermer la boucle et compléter une véritable trilogie f/2.8 couvrant l’équivalent d’un 15-180mm en plein format. Alors personnellement, comme j’utilise mon Fuji comme second boitier pour mes prestations professionnelles, j’aurais préféré une suite au 17-40 f1.8 estampillé Art, avec par exemple un 50-100 f1.8 ou un 50-120 f2. Bien entendu, il aurait été bien plus grand et plus lourd que ce 50-120 f2.8 et ne se serait pas adressé au même public.
D’ailleurs c’est logique de la part de Sigma de procéder ainsi, les utilisateurs APS-C recherchent la compacité avant tout, sinon la tentation est trop forte de se diriger vers du Full Frame. Et niveau compacité, autant vous dire que Sigma a fait le job et l’a très bien fait. J’ajoute que cette plage focale à f/2.8 constant, très utilisée en Full Frame, était jusqu’ici quasi inexistante en APS-C : à ma connaissance, il n’y avait que chez Fuji qu’on pouvait la trouver.
Spécifications
Nous sommes ici en face d’un 50-120mm f/2.8 DC OS, soit un équivalent 75-180mm en plein format. Sur le papier, celui-ci se veut lumineux, stabilisé, léger et surtout compact.
La mention DC indique qu’il est conçu pour les capteurs APS-C et la mention OS signifie qu’il est stabilisé optiquement. Pour rappel, l’absence de stabilisation était le seul vrai défaut que je reprochais au 17-40mm et au 15mm. Sur un télézoom, c’est d’autant plus important. La stabilisation permet de gagner jusqu’à 6,5 stops à 50mm et 4,5 stops à 120mm, ce qui fait clairement la différence si vous avez un capteur non stabilisé et que la lumière vient à manquer. Cet objectif est conçu pour résister à la poussière et aux éclaboussures, et sa lentille frontale bénéficie d’un traitement hydrofuge et oléophobe. Le diamètre de filetage du filtre est de 55mm, tout comme son petit frère, le 18-50, pratique ! La distance minimale de mise au point est de 23 cm à 50mm et passe à 55 cm à 120mm.
Il ne s’agit pas d’un objectif taillé pour la macrophotographie, mais il s’en sortira très bien pour dépanner de temps en temps avec un rapport de grossissement max de 0,33x (1:3) à 50mm. C’est en effet très intéressant, par exemple, pour un photographe de mariage, de pouvoir faire de jolis détails (alliances, fleurs, déco, etc…).

Comme de coutume depuis quelque temps, Sigma a ajouté une bague d’ouverture crantée qui fera plaisir aux Fujistes. Seul petit défaut de celle-ci, le passage de f22 à « A » (automatique) est un peu trop facile, et la bague peut parfois changer de position de manière involontaire.
On retrouve bien entendu une bague de mise au point et une bague de zoom. Aucun bouton personnalisable n’est disponible sur ce zoom, Sigma préférant certainement se focaliser sur la compacité.
Un gabarit qui fait la différence
C’est dans la taille et le poids que l’on se rend compte de la prouesse accomplie par Sigma. Ce quasi équivalent au fameux 70-200mm, très répandu sur les montures Full Frame, mesure 9,9 cm pour 390g. Et comme une image vaut mille mots, le voici aux côtés du Fujinon 50-140 f2.8 :


Avec le zoom Sigma sur 120mm
Le Fujinon mesure 17,6 cm pour un poids avoisinant le kilogramme. La différence est, de mon point de vue, stratosphérique. Alors certes, me direz-vous, le Fujinon a plus de 10 ans, il est logique que Sigma ait fait bien mieux, mais là c’est quand même un petit exploit. Dans les faits, si l’on met l’un sur l’autre les 18-50 et 50-120 de Sigma, l’ensemble reste plus court et plus léger que le seul Fujinon 50-140. Concernant le zoom, il s’agit d’un zoom externe, l’objectif va alors s’allonger de 2,5 cm pour une longueur totale de 12,4 cm, on reste sur quelque chose de contenu. Quoi qu’il en soit, vous aurez plaisir à le prendre avec vous lors de vos sorties tant il est facile à emporter avec soi. J’ai personnellement maintes fois renoncé à glisser dans mon sac le Fujinon 50-140, c’est donc réellement un game changer.
Packaging et accessoires
On retrouve le nouveau packaging très classe de la gamme Contemporary, déjà découvert avec les dernières sorties de la gamme. L’objectif est livré avec ses bouchons avant et arrière, un pare-soleil et une housse de transport.
Ma vidéo Unboxing : https://youtube.com/shorts/wpVKsDnjcHs?feature=share
Formule optique
La conception optique comprend 18 éléments répartis en 13 groupes, dont un élément FLD, trois éléments SLD et quatre éléments asphériques. En gros, comme pour le 15mm, cette conception vise à contrôler les aberrations chromatiques et à conserver une bonne netteté du centre jusqu’aux bords. Le diaphragme compte 11 lamelles arrondies, ce qui promet un joli bokeh et de belles étoiles sur les sources lumineuses.
Sur le terrain

Comme d’habitude, mon test a été effectué avec un objectif pour monture X couplé à mon Fuji X-H2S.
Avec un emploi du temps particulièrement chargé début octobre et un temps devenu maussade après les multiples canicules, je n’ai pas pu tester cet objectif autant que je l’aurais voulu. J’ai cependant pu effectuer deux shootings avec ma compagne, puis j’ai eu l’occasion de l’utiliser lors d’un mariage, monté sur mon second boitier. Cet objectif étant taillé pour le portrait, c’est clairement dans ce registre que j'ai effectué mes tests.

Malgré le fait que je n'ai pas eu beaucoup de temps libre pour réaliser mon test, ce type de focales permettent aussi aisément de faire du paysage, de la street et même du sport.
Avec son ouverture constante f2.8, vous n’aurez pas besoin de trop monter vos ISO et vous n’aurez aucun mal à séparer votre sujet de l’arrière-plan. Jouer avec la profondeur de champ est un régal grâce à sa focale allant jusqu’à 120mm (180mm équivalent Full Frame). Le bokeh est de manière générale crémeux et prononcé pour un zoom APS-C. Je l’ai cependant trouvé parfois un peu nerveux et tourbillonnant.
Le piqué de cet objectif est excellent surtout si l’on tient compte de la taille et du prix de celui-ci. Bien entendu, celui qui zoome à 200% aura des choses à redire, mais il faut comparer ce qui est comparable et tenir compte du contexte. (Le piqué désigne la capacité d’un objectif à restituer les détails fins de manière nette et précise)



Fixé durant presque tout un mariage sur mon second boitier, j’ai beaucoup aimé sa prise en main. Il est léger et la bague de zoom n’est ni trop douce ni trop dure à tourner. L’autofocus est très bon mais il s’est parfois perdu dans les méandres de l’arrière-plan. J’ai eu l’impression qu’il était moins efficace que le 17-40 f1.8 que j’ai l’habitude d’emporter avec moi en mariage sur mon Fuji. Peut-être une amélioration future possible via une mise à jour firmware ? Comme je le répète souvent, ce n’est pas avec un appareil Fujifilm qu’il est le plus judicieux de tester la précision de l’autofocus et il y a fort à parier que les testeurs de la version RF Canon n’y verront, eux, rien à signaler.


Comparaison du piqué face au 50-140 Fujinon
Je n’ai pas fait de test scientifique avec une mire, et comme le temps ne s’y prêtait pas, j’ai fait cela en photographiant le mur de mon studio. Très honnêtement, la différence de qualité optique est extrêmement proche. J’ai cependant remarqué que le Fujinon est de manière générale meilleur que le Sigma dans les bords. J’ai aussi trouvé que le Sigma est plus contrasté que le Fujinon. Durant ce test, j’ai aussi pu m’apercevoir que le vignettage est bien présent à 50mm et encore plus à 120 mm. À 120mm s’ajoute une distorsion bien visible. Quoiqu’il en soit, ces deux défauts sont facilement rattrapés via les logiciels de traitement.
La photo de Référence

Dans les bords, au 50mm, Sigma à gauche et Fujinon à droite, avec une ouverture à f2.8 et un zoom à 100% :

Il y a un poil moins de détail dans le visage de la danseuse avec le Sigma.
Toujours dans les bords, au 50mm, Sigma à gauche et Fujinon à droite, avec une ouverture à f4 et un zoom à 100% :

Là aussi, on remarque que les écritures sur les bouteilles de vin sont moins nettes sur le Sigma.
Au centre et cette fois-ci à 120mm, toujours avec le Sigma à gauche et le Fujinon à droite, avec une ouverture à f2.8 :

La différence est beaucoup moins marquée au centre que dans les coins mais je donne là aussi le Fujinon vainqueur d’une courte longueur.
Vidéo
Contrairement au 17-40 f1.8 que j’avais testé l’an dernier, cet objectif n’est pas spécialement optimisé pour la vidéo. Il fera cependant de très belles images et son ouverture constante et généreuse est un vrai plus. Son poids plume permettra aisément de le monter sur un stabilisateur, ce qui serait très compliqué à imaginer avec le Fujinon. Attention cependant, le zoom externe s’allongeant de 2.5 cm, un transfert de poids est à anticiper, ce n’est pas des plus pratiques. Sigma annonce un focus breathing réduit au minimum ; il reste toutefois visible, il ne faudra donc pas espérer des bascules de mise au point avec un rendu cinématique. Lorsque l’on zoome, la mise au point se perd, il ne s’agit là pas d’un objectif parfocal. Le boîtier refait le point durant le zoom, mais la netteté décroche durant un court laps de temps. A une même longueur focale, les plans seront cependant propres et il offrira un joli rendu.
Conclusion

Pour qui est-il taillé me direz-vous ? Il s’adresse avant tout à tous les possesseurs d’un objectif 18-50 qui souhaitent un complément pour augmenter leur polyvalence et passer à un niveau supérieur en photographie. Si l’on y ajoute le 10-18 f2.8, on obtient une trilogie f/2.8 couvrant l’équivalent de 15-180mm pour moins d’un kilo !!! Il s’adressera aussi bien aux amateurs chevronnés qui souhaitent faire des portraits de qualité, qu’aux amateurs qui aiment immortaliser les moments en famille, les sorties du dimanche ou encore les matchs de foot du petit dernier. Il s’adressera aussi aux professionnels qui travaillent en APS-C (j’en fais partiellement partie) photographes de portraits, de mariages, de sports et de spectacles qui souhaitent se déplacer « léger » et ultra compact.
Ce Sigma 50-120mm à ouverture constante f/2.8 DC OS Contemporary est enfin le télézoom lumineux qu’il manquait à la gamme Sigma à destination des capteurs APS-C. Sur monture X, il vient prendre le relais d’un Fujinon vieillissant, gros et lourd, tandis que sur les autres montures, il comble un vide criant (si l’on excepte certaines optiques à ouverture non constante). La taille et le poids de ce Sigma constituent une réelle performance technique, alors qu’il n’y a quasiment aucun compromis sur la qualité. Bien sûr, l’on pourrait avoir un objectif plus détaillé avec moins de défauts, mais cela aurait alors des conséquences sur son gabarit. N’oublions pas qu’il constitue un équivalent aux 70-200 Full Frame (75-180 en réalité) pour un poids divisé par plus de deux et une taille nettement réduite ! Les 70-200 f/2.8 Full Frame pèsent en effet tous un kilo ou plus (de 998 g à près de 1,6 kg) et mesurent entre 15 et 21 cm. C’est l’essence même de l’APS-C que vient ici cultiver Sigma, une qualité optique avec un minimum de compromis tout en conservant un poids et une taille compact, dans ce registre Sigma coche toutes les cases ! Nul doute que cette optique à 800.- CHF fera mouche !
Dany Kocher, octobre 2026








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